À retenir
- Il n’est pas nécessaire de jeter immédiatement les jouets de son chien ou de son chat après son décès.
- Conserver un objet peut aider certaines personnes à préserver un souvenir affectif.
- Pour d’autres, voir les affaires de l’animal est trop douloureux et les ranger peut être plus apaisant.
- Il est parfaitement possible de conserver quelques objets et de se séparer progressivement des autres.
- Un jouet peut devenir un objet souvenir sans devoir rester exposé en permanence.
- Les enfants peuvent avoir besoin de conserver certains objets pour matérialiser le lien avec leur animal disparu.
- Il n’existe pas de durée normale pour décider quoi faire des affaires d’un animal décédé.
- Si la souffrance devient envahissante ou empêche durablement de fonctionner au quotidien, demander un soutien peut être une démarche importante.
Pourquoi les jouets de son animal deviennent-ils si importants après sa mort ?
Un jouet n’est jamais seulement un jouet lorsqu’il est associé à des années de vie commune.
Le chien qui rapportait inlassablement sa balle. Le chat qui dormait contre sa petite souris en tissu. La corde qui était sortie chaque soir avant la promenade. La peluche que l’animal transportait partout dans la maison.

Ces objets sont associés à des gestes, des habitudes, des sons et des souvenirs.
« Un objet peut sembler ordinaire, jusqu’au jour où il devient le souvenir de quelqu’un que l’on aimait. »
Ils peuvent donc agir comme de véritables déclencheurs émotionnels.
Après un décès, leur présence peut provoquer une vague de tristesse très forte. Mais elle peut aussi apporter du réconfort, parce qu’elle rappelle une période heureuse et concrète de la vie partagée.
Les recherches consacrées aux liens continus après la perte d’un animal montrent justement que les personnes endeuillées peuvent continuer à entretenir un lien symbolique avec leur compagnon disparu à travers les souvenirs, les rituels ou certains objets qui lui appartenaient.
C’est pourquoi deux personnes vivant exactement la même situation peuvent réagir de manière totalement différente face aux affaires de leur animal.
L’une aura besoin de tout ranger.
L’autre conservera chaque objet.
Et les deux réactions peuvent être légitimes.

Faut-il garder les jouets de son chien ou de son chat ?
Oui, si les conserver vous apporte quelque chose.
Il n’y a aucune obligation de vous débarrasser rapidement des jouets, du panier ou des affaires de votre animal.
« Il n’existe pas une bonne façon de conserver un souvenir, seulement celle qui vous apaise. »
Certaines personnes ressentent même le besoin de mettre de côté quelques objets particulièrement représentatifs de leur compagnon.
Cela peut être :
- son jouet préféré ;
- sa première peluche ;
- une balle ;
- sa couverture ;
- son collier ;
- sa médaille ;
- un objet qu’il emportait partout ;
- une photo associée à cet objet.
L’objectif n’est pas nécessairement de conserver toute la maison telle qu’elle était.
Il peut simplement s’agir de préserver quelques traces importantes de l’histoire vécue ensemble.
Mais faut-il conserver tous les jouets ?
Non.
Conserver un souvenir ne signifie pas nécessairement conserver toutes les affaires.
Après quelques semaines ou quelques mois, vous pourrez peut-être regarder certains objets avec davantage de sérénité et décider naturellement de ce que vous souhaitez garder.

Il n’y a donc aucune raison de prendre une décision définitive dans les premiers jours si vous ne vous sentez pas prêt.
Pourquoi jeter les jouets peut-il être si difficile ?
La difficulté ne vient généralement pas de la valeur matérielle de l’objet.
Elle vient de ce qu’il représente.
Jeter la balle de son chien peut donner l’impression de jeter une partie de son histoire.
Ranger la petite souris de son chat dans une boîte peut rendre son absence brutalement concrète.
Et donner son panier peut parfois provoquer le sentiment étrange de faire disparaître les derniers éléments qui rappellent sa présence.
Ce sentiment est compréhensible.

Le décès met fin à la présence physique de l’animal, mais pas instantanément au lien affectif construit pendant des années.
Une synthèse de la littérature consacrée aux liens continus après la mort d’un animal souligne d’ailleurs que ces liens peuvent avoir des effets différents selon les personnes : certains souvenirs ou objets peuvent apporter du réconfort, tandis que d’autres peuvent temporairement raviver la souffrance.
C’est donc moins l’objet lui-même que la manière dont vous vivez sa présence qui importe.
Peut-on ranger les jouets sans les jeter ?
Oui, et cette solution peut être particulièrement adaptée lorsque la décision est trop difficile.
Vous pouvez par exemple réunir les affaires les plus importantes dans une boîte souvenir.
Elle peut contenir :
- un jouet préféré ;
- le collier ;
- une médaille ;
- une photographie ;
- une petite couverture ;
- un dessin réalisé par un enfant ;
- une lettre adressée à l’animal ;
- quelques souvenirs liés à son histoire.
La boîte peut ensuite être rangée dans un endroit où vous pourrez la retrouver lorsque vous en aurez envie.
Cela permet de ne pas avoir à choisir immédiatement entre deux décisions radicales : tout garder ou tout supprimer.
Le souvenir peut simplement être mis à l’abri.
Est-ce que conserver les affaires empêche de faire son deuil ?
Non.
Conserver un jouet ne signifie pas nécessairement refuser la mort de son animal ou rester bloqué dans le passé.
Les travaux sur les « continuing bonds », ou liens continus, montrent justement que maintenir une forme de lien symbolique avec un être disparu peut faire partie du processus d’adaptation au deuil. Chez les propriétaires d’animaux, les souvenirs, les rituels et certains objets peuvent participer à cette continuité.

Ce qui semble important n’est donc pas simplement de conserver ou de supprimer un objet.
C’est de savoir ce que cet objet provoque en vous.
S’il vous permet de sourire en pensant à votre compagnon, il peut devenir un précieux souvenir.
S’il provoque uniquement une souffrance insupportable chaque fois que vous le voyez, il peut être préférable de le ranger temporairement.
Et cette décision peut évoluer.
Comment savoir si je dois garder ou donner les jouets ?
Il n’existe pas de test universel.
Une question simple peut toutefois aider :
« Quand je regarde cet objet, est-ce que je ressens uniquement la douleur de son absence ou est-ce que je peux aussi retrouver quelque chose de notre histoire ? »
Vous pouvez également vous demander :
Garder
Gardez l’objet si :
- il représente un souvenir particulièrement important ;
- vous aimez avoir cette trace de votre animal ;
- il vous permet de raconter son histoire ;
- vous souhaitez le transmettre à vos enfants ;
- vous envisagez de créer une boîte ou un espace souvenir.
Ranger temporairement
Rangez-le si :
- vous êtes encore sous le choc ;
- sa présence vous fait pleurer systématiquement ;
- vous ne savez pas encore ce que vous souhaitez en faire ;
- vous sentez que la décision est trop lourde aujourd’hui.
Donner ou vous en séparer
Vous pouvez envisager de donner certains objets lorsque :
- leur présence vous fait davantage souffrir qu’elle ne vous réconforte ;
- vous vous sentez prêt ;
- vous souhaitez qu’un autre animal puisse en profiter ;
- vous avez déjà conservé les souvenirs qui comptent réellement pour vous.
Il n’est pas nécessaire de prendre la même décision pour tous les objets.
Et si conserver les jouets fait trop mal ?
C’est également possible.
Certaines personnes pensent qu’elles devraient garder les affaires parce qu’elles représentent leur animal. Mais si chaque objet devient une source de détresse, il n’y a aucune obligation de les exposer.
Vous pouvez les placer dans une boîte, dans un placard ou chez un proche pendant quelque temps.
Vous pourrez toujours décider plus tard.
Cette possibilité est importante car le deuil évolue.
Un objet qui est insupportable deux jours après le décès peut devenir un souvenir précieux plusieurs mois plus tard.
À l’inverse, un objet que l’on souhaitait absolument conserver peut perdre progressivement son importance.
Il n’y a donc pas de calendrier universel du deuil.
Que faire des jouets lorsque l’on souhaite garder un souvenir de son animal ?
Les jouets ne sont qu’une possibilité parmi de nombreuses façons de préserver la mémoire d’un chien ou d’un chat.
Certaines personnes choisissent de conserver une photographie, une médaille, une empreinte de patte ou une lettre.
D’autres créent un album souvenir ou aménagent un petit espace dédié à leur compagnon.
Il est également possible de créer un rituel symbolique.
Les recherches de Wendy Packman et de ses collègues montrent que les propriétaires peuvent maintenir une relation significative avec leur animal disparu à travers les souvenirs, les rituels et d’autres formes de lien continu. Leur travail souligne surtout l’importance de la manière dont ces pratiques sont vécues par la personne endeuillée, plutôt que leur simple existence.
Il n’y a donc pas de « bonne » manière de rendre hommage.
Il y a celle qui correspond à votre histoire.
Quand un objet devient-il un souvenir plutôt qu’une affaire de l’animal ?
C’est peut-être l’une des transformations les plus importantes du deuil.
Au début, la balle est encore celle de votre chien.
La couverture est encore celle de votre chat.
Le panier semble presque attendre son retour.
Puis, progressivement, ces objets peuvent changer de signification.
Ils ne représentent plus uniquement ce qui manque.
Ils racontent ce qui a été vécu.
Cette transformation ne se commande pas.
Elle arrive parfois naturellement, lorsque les souvenirs heureux commencent à prendre davantage de place que le choc de la disparition.
Une étude portant sur les liens continus après un décès souligne d’ailleurs que les souvenirs et les possessions du défunt peuvent avoir des effets différents sur le deuil selon les individus. Cela rappelle qu’aucune réponse universelle ne peut être imposée à une personne endeuillée.

Que faire des jouets de son animal lorsque l’on souhaite adopter un autre chien ou un autre chat ?
Cette situation peut être particulièrement délicate.
Après la perte d’un animal, certaines personnes souhaitent rapidement accueillir un nouveau compagnon. D’autres ont besoin de beaucoup plus de temps.
Si vous envisagez une adoption, il peut être tentant de conserver les anciennes affaires pour le futur animal.
Mais il peut également être important de distinguer les deux histoires.
Le nouvel animal ne remplace pas celui qui est mort.
Il commence une nouvelle relation.
Un jouet peut donc être conservé comme souvenir du précédent compagnon, tandis que de nouvelles affaires seront choisies pour accueillir le nouveau chien ou le nouveau chat.
Cette distinction peut être particulièrement importante pour les enfants, qui peuvent craindre que l’arrivée d’un autre animal signifie que l’on oublie celui qui est mort.
Faut-il donner les jouets à une association ?
Oui, lorsque vous vous sentez prêt.
Donner certaines affaires à une association, à un refuge ou à une personne accueillant un animal peut donner une nouvelle dimension au geste.
Le jouet qui appartenait à votre chien peut continuer à être utile à un autre animal.
Mais là encore, il n’y a aucune urgence.
Si cette idée vous fait souffrir aujourd’hui, vous pouvez attendre.
Le don peut devenir un geste symbolique lorsqu’il est choisi librement et non vécu comme une obligation.
Et pour les enfants qui veulent garder tous les jouets ?
La situation mérite une attention particulière.
Pour un enfant, le jouet peut être l’un des rares objets concrets qui permettent de matérialiser la présence d’un animal disparu.
Il peut donc être préférable de ne pas décider à sa place.
Un enfant peut avoir besoin de conserver une peluche, une balle ou une couverture parce que cet objet représente une partie de son histoire avec le chien ou le chat.
On peut alors lui proposer de choisir lui-même un ou deux objets importants.
Cette démarche lui permet également de participer au processus d’hommage.
Les recherches consacrées au deuil animalier chez les enfants montrent que les enfants utilisent eux aussi différentes formes de liens continus après la mort de leur animal, avec des expressions qui varient notamment selon leur âge et la force de leur attachement.
Quand faut-il demander de l’aide après la perte de son animal ?
Le deuil n’a pas de durée standard.
Certaines personnes retrouvent progressivement un équilibre en quelques semaines. Pour d’autres, la douleur reste très présente beaucoup plus longtemps.
Il devient particulièrement important de ne pas rester seul lorsque la souffrance devient durablement envahissante ou empêche de retrouver un fonctionnement quotidien acceptable.
La recherche récente montre notamment que l’intensité du deuil après la mort d’un animal peut être importante et qu’elle est influencée par la nature de l’attachement et la manière dont le lien avec l’animal disparu continue à être vécu.
Dans ces situations, parler à une personne formée à l’accompagnement du deuil peut offrir un espace pour mettre des mots sur ce que l’on traverse.
Chez Kaninas, l’accompagnement du deuil animalier repose notamment sur l’écoute, l’expression libre, des exercices simples de respiration et de recentrage, ainsi que des propositions de rituels d’apaisement, dans un cadre présenté comme non médical.
Vous pouvez consulter la page consacrée à l’accompagnement du deuil animalier pour découvrir les différentes possibilités proposées.
Conserver un jouet, c’est parfois conserver une histoire
Au fond, la question n’est peut-être pas seulement :
« Dois-je garder les jouets de mon chien ou de mon chat ? »
Elle pourrait être :
« Quelle place ai-je envie de donner à son souvenir maintenant qu’il n’est plus là ? »
Un jouet peut être rangé dans une boîte.
Il peut rester sur une étagère.
Il peut être donné.
Il peut même être transformé en élément d’un rituel d’hommage.
Aucune de ces décisions ne mesure l’amour que vous avez porté à votre animal.
Vous n’avez pas besoin de conserver toutes ses affaires pour prouver que vous l’aimiez.
Et vous n’avez pas besoin de vous débarrasser de tout pour commencer à avancer.
Le deuil est une adaptation progressive à une absence.
Les recherches sur les liens continus montrent qu’il est possible de conserver une relation symbolique avec son animal disparu tout en avançant dans sa propre vie. Ce lien peut prendre la forme de souvenirs, de rituels ou d’objets, à condition qu’il corresponde à ce qui vous aide réellement.
Créer un hommage lorsque les objets ne suffisent plus
Avec le temps, certaines personnes ressentent le besoin d’aller au-delà des objets du quotidien.
Elles souhaitent conserver quelque chose de plus symbolique, qui ne soit pas directement associé au panier, aux jouets ou aux habitudes de la maison.
Un rituel d’hommage peut alors permettre de donner une autre forme au souvenir.
Les travaux consacrés au deuil animalier montrent que les rituels et les formes de liens continus peuvent participer aux stratégies d’adaptation après la perte, même si leur effet varie selon les personnes.
Pour approfondir les différentes dimensions de cette épreuve — les émotions, les premières heures, les rituels, la culpabilité, les souvenirs et la reconstruction — vous pouvez consulter le guide complet du deuil animalier proposé par En-Paix.
« Ce que l’on cherche parfois à conserver, ce n’est pas l’objet, mais l’histoire qu’il raconte. »
Ce guide permet d’aller plus loin lorsque la question des jouets n’est qu’une petite partie d’un deuil beaucoup plus vaste.
Conclusion : il n’existe pas de bonne ou de mauvaise décision
Faut-il conserver les jouets de son chien ou de son chat après son décès ?
Oui, si cela vous fait du bien.
Non, si leur présence vous fait trop souffrir.
Et entre les deux, il existe une multitude de possibilités.
Vous pouvez en garder quelques-uns.
Les ranger pendant quelque temps.
En donner certains.
En conserver un seul.
Les transmettre à un enfant.
Ou simplement attendre avant de décider.
Le plus important est de ne pas transformer le deuil en une nouvelle obligation.
Votre animal a occupé une place unique dans votre vie. Ses affaires peuvent continuer à raconter cette histoire, mais elles n’ont pas besoin de déterminer la manière dont vous devez vivre son absence.
Avec le temps, certains objets cesseront peut-être d’être uniquement des rappels de ce qui n’est plus là.
Ils deviendront les témoins silencieux d’une histoire qui, elle, a réellement existé.
Et parfois, c’est précisément cela que l’on cherche à préserver : non pas la douleur de la perte, mais la trace d’un amour qui a compté.
FAQ
Non. Il n’existe aucune obligation de jeter rapidement les affaires d’un animal décédé. Vous pouvez conserver certains jouets, les ranger temporairement ou vous en séparer lorsque vous vous sentez prêt.
Il n’existe pas de durée normale. Certaines personnes gardent les affaires pendant quelques semaines, d’autres pendant plusieurs années. Le bon moment dépend de l’évolution personnelle du deuil.
Non. Conserver certains objets peut constituer une manière de préserver un lien symbolique avec l’animal disparu. Les recherches montrent toutefois que les objets peuvent être réconfortants pour certaines personnes et douloureux pour d’autres.
Plusieurs possibilités existent :
conserver son jouet préféré ;
ranger certains objets dans une boîte souvenir ;
les photographier avant de s’en séparer ;
les donner à une association ;
les transmettre à un autre animal ;
les intégrer à un rituel ou à un hommage.
Oui, si vous vous sentez prêt à le faire. Donner les affaires peut permettre qu’elles soient réutilisées par un autre animal. Il n’est cependant pas nécessaire de prendre cette décision immédiatement après le décès.
Parce que les objets sont associés aux souvenirs, aux habitudes quotidiennes et au lien affectif avec l’animal. Leur valeur devient émotionnelle plutôt que matérielle.
Il peut être utile de laisser l’enfant participer à la décision. Conserver un objet peut l’aider à matérialiser le souvenir de son animal et à exprimer son attachement.
On peut conserver quelques objets représentatifs, créer une boîte souvenir, réaliser un album photo, garder la médaille ou l’empreinte de patte, écrire une lettre ou choisir un rituel d’hommage.
Oui. Il n’existe aucune durée maximale. Un objet peut rester un souvenir important pendant de nombreuses années sans que cela signifie que le deuil n’évolue pas.
Lorsque la souffrance devient durablement envahissante, empêche de fonctionner normalement ou donne le sentiment de ne plus parvenir à avancer seul, un accompagnement peut être utile. Les professionnels de l’accompagnement du deuil peuvent offrir un espace d’écoute adapté à cette situation
